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  • Anaïs Hartmann

Chemin ou destin ? Quand il est plus facile de trouver quand on cherche




J’aimerais aujourd’hui aborder une question vieille comme l’Homme : c’est celle de la prédestination ou non de notre vie, vue sous l’angle du coaching qui, comme tout type d’accompagnement, est fondée sur des hypothèses de travail et une prise de partie implicite sur ce sujet. Choisit-on complètement son chemin de vie ? Notre vie est-elle prédestinée en tout ou partie ? Alors, chemin ou destin, qu'en dit le coaching ?!



Cette question m’est venue lors d’un coaching avec une personne qui était visiblement en attente d’une relation amoureuse... oui, en attente. Après avoir défini ensemble son objectif et ses besoins en termes de relation amoureuse, lorsqu’il s’est agi de se mettre en action, je me suis confrontée à un mélange de résignation et de croyances liées à la prédestination “Rencontrer quelqu’un ? Si ça doit se faire, ça se fera, sinon tant pis”


Ah oui ? Et si vous devez vous trouver une nouvelle voiture ou un nouveau logement vous procédez pareil "si je dois trouver une nouvelle voiture, ça se fera" ?!


Tout d’abord, il est intéressant de constater le paradoxe dans la démarche de cette personne : aller voir un coach pour trouver l’amour, mais ne pas souhaiter tout mettre en œuvre pour ce faire. Tapies dans l’ombre, la peur de l’échec ou une faible estime de soi peuvent être à l’origine de cela, et seront peut-être des choses à explorer durant le coaching. Mais ce sur quoi j’aimerais me pencher aujourd’hui, c’est cette notion de prédestination de la rencontre amoureuse, véhiculée par nombre d’histoires qui bercent notre société : on serait prédestiné ou non à rencontrer l’amour, sans besoin de le chercher. Cette croyance de l'exception de la rencontre amoureuse qui devrait nous tomber dessus a la peau dure ! Et plus largement, pour certains, on devrait composer avec ce que la vie nous propose, sans chercher plus loin. Mais attendre qu'une personne tombe du ciel en attendant dans son jardin, honnêtement, entre nous, est-ce que ça marche ?!



Ces croyances, conscientes ou non, vont puiser loin dans nos racines. C’est depuis la mythologie grecque et romaine que cela est ancré. Dans cette culture dont nous avons hérité, le Destin, ou Destinée, est une divinité aveugle, inexorable, issue de la nuit et du chaos. Toutes les autres divinités lui sont soumises, et les lois du Destin sont écrites de toute éternité dans un lieu où les dieux peuvent les consulter. Comme dans le mythe d’Oedipe roi, nous serions voués à réaliser notre destin même en voulant y échapper, à épouser notre mère et à tuer notre père (bon, peut-être pas quand même ^^’ ).


Cette croyance en la destinée est perpétuée par la pratique des arts divinatoires, que ce soit l’astrologie, la numérologie, la lecture dans divers signes, certaines croyances religieuses, la voyance, la communication avec des êtres dits mystiques, etc. Mon propos ici n’est pas de remettre en cause ces croyances, mais de questionner l’influence qu’elles ont sur nos vies.


Bien que leur véracité n’ait jamais été prouvée scientifiquement (à noter quand même que l’astrologie était considérée comme une science dure au Moyen-Âge, au même titre que les mathématiques !), nous pouvons tout à fait raisonnablement penser que des forces inconnues influent sur notre vie, et même imaginer que des preuves scientifiques viendront appuyer ces croyances, pourquoi pas, comme ça a été le cas récemment pour l’hypnose et le sera peut-être bientôt pour le magnétisme (cf. le reportage de TF1 : https://www.facebook.com/TF1leJT/videos/598103504101150).


Certains, déterministes, croient donc en la destinée et en des forces qui agissent sur notre volonté, quand à l’opposé, d’autres sont de fervents défenseurs du libre arbitre : l'être humain aurait la faculté de se déterminer librement et par lui seul, à agir et à penser de façon indépendante. A ce propos, peut-être avez-vous entendu parler de la très en vogue “loi d’attraction” ? Ce principe, issu du courant de pensée religieux américain de la Nouvelle Pensée, soutient qu’une pensée positive dirigée vers un but déterminé aboutit à sa concrétisation dans la réalité. Nombre de conférences et de vidéos sont données sur ce thème, impliquant des explications énergétiques. D’après cette Loi d’attraction, nous aurions plus de capacité d’influence sur notre vie que nous ne le soupçonnons ! Là encore, ce n’est pas prouvé scientifiquement, mais pourquoi pas.


Ces deux extrêmes pourraient constituer un axe, sur lequel chaque personne se place, en fonction de ses croyances :

  • DESTIN = d’un côté, l’homme est prédestiné par des forces extérieures qui influent sur lui, contre lesquelles il ne peut lutter et qui déterminent ce qui lui arrive. Quoi que nous fassions, nous subirons notre destin, ce qui peut facilement glisser vers la passivité et l’attentisme et on retrouve l’assertion de départ de mon coaché : “si je dois rencontrer un femme, cela se fera”.

  • CHEMIN = de l’autre, l’idée que nous maîtrisons tout et qu’il suffit de vouloir pour pouvoir, avec le corollaire implicite que nous méritons ce qui nous arrive. Seulement, c’est non seulement oublier les facteurs déterministes de la génétique et environnementales, mais aussi et surtout cela peut conduire à beaucoup de malheur que d’essayer de contrôler ce sur quoi nous n’avons pas de prise, comme les pensées et réactions des autres ! Par exemple, si je veux devenir célèbre, je ne peux pas maîtriser les accidents de la vie ni ce que les autres vont penser de mes capacités ni la concurrence ni etc.


Voici donc deux extrêmes, avec chacun ses travers….

Et si la réponse pour vivre sereinement se trouvait au milieu de cet axe plutôt qu’à un extrême ou un autre ? C’est en tous cas le présupposé du coaching : pour le coach, ce qu’on fait de notre vie n’est pas issu du hasard. Nous créons notre propre chemin en mettant en place les actions, afin d’atteindre notre objectif. Préalablement à cette mise en action, il est bien sûr nécessaire d’ordonner ses pensées... et d’y croire !! Puis, moyennant une certaine méthodologie proposée par le coaching, il est possible d'atteindre ses objectifs.

Mais le coaching prend également en compte le fait que nous ne contrôlons pas tout, et, en permettant de distinguer ce qui est dans notre aire de contrôle de ce qui est hors de notre portée, il ne propose donc pas non plus une vision où nous serions dans l’extrême maîtrise de notre vie. L'hypercontrôle, qui consiste à vouloir exercer notre pouvoir et volonté sur nous-mêmes, sur notre corps, sur notre environnement et sur les autres, n'est voué qu'à déception, frustrations et colère. Pourtant, il est profondément ancré en l'être humain de vouloir tout contrôler, car cela rassure le cerveau... ! Donc non, avec le coaching, on ne peut pas tout, ce n’est ni de la magie ni une négation des événements que nous subissons et qui nous échappent... Mais il sous-tend que se prendre en main peut fortement faire tourner la chance en notre faveur !



L’Islam reprend bien ce concept : “Nous ne devons pas être fatalistes, levant nos mains vers le ciel en disant : « à quoi bon faire quelque effort que ce soit? ». La prescience de Dieu ne remet pas en question la responsabilité humaine. Dieu nous tient responsables de ce que nous sommes capables de faire et que nous faisons; mais Il ne nous tient pas responsables de ce que nous sommes incapables de faire. Comme Il est Juste, Il ne nous a donné qu’une responsabilité limitée, et c’est sur cela qu’Il nous jugera. Nous devons penser, planifier et faire les bons choix, mais si parfois les choses ne se passent pas comme on le voudrait, nous ne devons pas perdre espoir ni sombrer dans la déprime. Ce que nous devons faire, c’est prier Dieu et essayer de nouveau. Mais si nous n’arrivons pas à réaliser ce que nous avions planifié de faire, nous devons nous dire que nous avons fait de notre mieux et qu’en fin de compte, nous ne sommes pas responsables des résultats.” (Islamreligion.com)

Pour revenir à l’exemple de mon coaché qui veut trouver l’amour : s'il veut suivre la philosophie du coaching, il posera des actions pour ce faire, avec persévérance et patience malgré les obstacles, en se félicitant de ces qualités mises en œuvre et tout en restant aligné avec qui il est. Ce dernier point est important, car si cette personne ne sait pas qui elle est, ce qu’elle cherche, pourquoi elle le fait, et quels sont ses besoins/valeurs dans cette action de recherche, elle peut par exemple oublier de savourer ces nouvelles rencontres et ne pas voir les efforts qu’elle ou l’autre fournit, pour à la place tomber dans la frustration, la manipulation ou la précipitation par exemple. Autrement dit : elle risque de se perdre dans sa quête.





Un équilibre subtil à trouver donc, dans cette idée que nous maîtrisons une grosse partie de notre vie, mais que l’hypercontrôle est un piège à éviter.






Mais d’ailleurs, que maîtrisons-nous ? Eh bien trois choses :

  • la gestion que nous avons de nos pensées (si, si, cela s’apprend et fait d’ailleurs partie du coaching !)

  • la gestion que nous avons de nos émotions

  • nos comportements, c’est-à-dire les actions que nous décidons de faire, autrement dit : nos choix

Les 2 premiers points relèvent de notre monde privé, non observable par autrui, quand le dernier point a contrario est visible. Nos éducations nous poussent beaucoup à apprendre à contrôler ce dernier point, quand les 2 premiers commencent tout juste à être enseignés à l’école au travers de la gestion des émotions et de la pleine conscience. Mais attention, il ne s’agit pas de contrôler ou non l’émergence des pensées ou émotions - elles “pop” en nous sans que nous ne puissions rien y faire - mais bien de savoir les gérer une fois qu’elles sont là.


De plus, le coaching ajoute un concept à cela : c’est que nous choisissons nos croyances, et qu’aucune chose n’est vraie ou fausse en soi. Chacun crée sa propre réalité, son propre monde à partir de son vécu. D’ailleurs, il est prouvé que le cerveau, par souci d’économie de temps et d’énergie, fait des biais, qui sont en fait des simplifications de la réalité. Par exemple, le biais de négativité est la tendance à donner plus de poids aux expériences négatives qu'aux expériences positives et à s'en souvenir davantage ; “elle a levé les yeux au ciel, c’est que je dois l’ennuyer”... même si par ailleurs beaucoup de choses montrent que le courant passe. Et le biais de confirmation, qui pousse à voir des preuves à une croyance qu'on tient pour vrai (voire même les inventer), peut vous amener à trouver facilement des preuves que chercher à rencontrer des personnes ne vous aide pas dans votre attente amoureuse - sans parler en plus d'auto-sabottage...!! -, comme il peut vous amener à trouver des preuves de l’existence des extra-terrestres si vous y croyez ! D’ailleurs, il y a fort à parier que le biais de confirmation a son rôle à jouer dans la loi d’attraction, puisqu’en dirigeant nos pensées vers un but, nous remarquerons des choses qui nous aiderons à le concrétiser.



Mais quel lien avec le chemin ou le destin, allez-vous me demander ? Eh bien, peut-être un jour découvrira-t-on que les circonstances de notre naissance ou une autre chose qui nous échappe complètement aujourd’hui détermine notre vie (DESTIN), ou alors que nous avons plus de pouvoir que nous le pensons sur notre destin par notre intention (CHEMIN). En attendant, il peut être raisonnable de se questionner personnellement sur ce en quoi ces croyances, dans un cas comme dans l’autre, nous servent ou nous desservent.


Car au final, ce qui est important, c’est ce que nous faisons de nos croyances, et en quoi elles influencent notre vie. La méthode d’acceptation et d'engagement nous invite toujours à nous questionner sur l’utilité de nos croyances. S'arrêter, prendre du recul, et se poser cette précieuse question "est-ce que cette pensée m'aide à me diriger vers une vie heureuse, sereine et pleine de sens ?".


Croire que je suis trop vieux et ne rencontrerai personne m’aide-t-il à avoir une vie pleine et épanouie ? Croire que je serai heureux en attendant l’amour les bras croisés m’aide-t-il ? Croire que de mon point de vue je fais tout pour être aimé mais sans succès et donc en déduire que je suis nulle ou alors que ce sont les autres qui le sont me permet-il de vivre en paix (attention à cette tentative d’hypercontrôle des sentiments des autres) ? Ou alors penser que je n’ai pas de chance et que c’est comme ça me donne-t-il la motivation de me bouger ? Etc, etc.


Pour terminer cette réflexion, je concluerai sur une phrase de Sadhguru, guide spirituel indien, sur le sujet de la destinée :

“Si vous vous sentez très bien, peu importe la façon dont les choses ont lieu [...] vous vivrez tout à fond.”

Alors, destinée ou pas destinée, l’essentiel, c’est de trouver comment être toujours bien et apaisé. Et comment faire cela ? Eh bien en gérant bien nos pensées, nos émotions et nos actions, car c’est bien tout ce sur quoi nous avons prise !



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Sources :


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